Vous connaissez sans doute cette pastille rouge dans l’administration, avec un chiffre qui grossit de semaine en semaine. Vous savez qu’il faudrait mettre à jour. Mais vous avez aussi entendu l’histoire de ce site qui a affiché « Il y a eu une erreur critique sur ce site web » juste après un clic. Alors vous attendez. Et plus vous attendez, plus la marche est haute.
La méthode des professionnels n’a rien de magique : on teste d’abord la mise à jour sur une copie du site, qu’on appelle la pré-production (ou staging en anglais). Si la copie tombe malade, on la soigne ou on la jette, et le vrai site n’a rien senti.
1. Créer une copie de votre site
Une pré-production, c’est un double de votre site (fichiers et base de données) installé à une autre adresse, par exemple test.votresite.fr. Il y a trois façons de l’obtenir, de la plus simple à la plus technique.
- Le bouton de votre hébergeur. Beaucoup d’hébergeurs proposent un outil « staging » ou « pré-production » dans leur panneau, ou via Softaculous sur les hébergements cPanel. Un clic, et la copie est prête.
- Un plugin de clonage. WP Staging crée, dans sa version gratuite, une copie de votre site dans un sous-dossier, accessible uniquement aux administrateurs connectés.
- Une copie sur votre ordinateur. Avec un outil comme Local et un plugin d’export (Duplicator, All-in-One WP Migration), vous faites tourner le site chez vous, sans rien toucher en ligne.
💊 Remède gratuitAvant de créer la copie, regardez dans le panneau de votre hébergeur s’il existe déjà un bouton « Staging », « Pré-production » ou « Cloner ». C’est souvent inclus dans votre offre et c’est la méthode la plus fiable, parce que la copie tourne sur le même serveur et la même version de PHP que votre vrai site.
2. Mettre la copie en quarantaine
Une copie de site est une vraie copie : elle peut envoyer des e-mails à vos clients, être trouvée par Google ou déclencher des tâches programmées. Avant de faire quoi que ce soit dessus, on l’isole.
Dans Réglages → Lecture, cochez « Demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site ». Si vous avez une boutique WooCommerce, désactivez les e-mails de commande et passez les moyens de paiement en mode test. Enfin, protégez l’accès par un mot de passe si votre hébergeur le permet : une copie publique, c’est du contenu en double pour Google et une porte de plus pour les curieux.
💊 Remède gratuitChangez la couleur ou le titre du site sur la copie (par exemple « TEST — Mon site ») pour ne jamais confondre les deux onglets. Ça paraît idiot, mais c’est l’erreur la plus fréquente : on croit modifier la copie et on modifie le vrai site.
« Une mise à jour testée, c’est une mise à jour ennuyeuse. Et en maintenance, ennuyeux est un compliment. »
3. Mettre à jour sur la copie, une chose à la fois
Sur la pré-production, faites les mises à jour une par une plutôt que de tout cocher d’un coup : si quelque chose casse, vous saurez immédiatement quel est le coupable. Après chaque étape, faites un tour du propriétaire : page d’accueil, formulaire de contact, panier si vous vendez en ligne, et un article au hasard.
Pour voir ce qui se passe en coulisses, activez le journal d’erreurs sur la copie en ajoutant define( 'WP_DEBUG', true ); et define( 'WP_DEBUG_LOG', true ); dans le fichier wp-config.php : les messages s’accumulent dans wp-content/debug.log. Pour les plus à l’aise, l’outil en ligne de commande WP-CLI permet de lister ce qui attend (wp plugin list --update=available) et de mettre à jour plugin par plugin.
Pensez aussi à la version de PHP, le langage qui fait tourner WordPress. Les anciennes versions ne reçoivent plus de correctifs de sécurité : PHP 7.4 est abandonné depuis fin 2022, et PHP 8.1 depuis fin 2025. Le passage à une version récente se teste exactement de la même manière, sur la copie d’abord.
💊 Remède gratuitAllez faire un tour dans Outils → Santé du site, sur la copie comme sur le vrai site. WordPress y signale lui-même les versions de PHP dépassées, les plugins qui attendent et d’autres petits soucis, en français et avec des explications.
4. Basculer pour de vrai
Une fois que tout fonctionne sur la copie, deux options. La plus sûre : refaire les mêmes mises à jour, dans le même ordre, sur le vrai site, en sachant exactement à quoi vous attendre. La plus rapide : utiliser la fonction « pousser en production » de votre hébergeur ou de votre plugin. Attention avec celle-ci : si des commandes ou des messages sont arrivés sur le vrai site entre-temps, écraser la base de données les ferait disparaître.
Dans les deux cas, faites une sauvegarde juste avant, choisissez une heure creuse, et gardez la copie quelques jours sous le coude. Si un souci apparaît plus tard, vous aurez un point de comparaison.
Si tout ça vous semble beaucoup pour un simple clic, c’est normal : c’est un vrai métier. Notre mise à jour PHP & WordPress (79 €) applique précisément cette méthode pour rattraper le retard en une fois, et le Suivi mensuel la répète chaque semaine pour que la pastille rouge ne revienne jamais. Vous préférez d’abord savoir où vous en êtes ? Le diagnostic gratuit fait l’inventaire de tout ce qui attend.